« La vie c’est comme la boxe ; il faut essayer de rester debout, encaisser les coups, et apprendre à vivre avec les cicatrices ! »

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Le combat contre l’addiction, le combat contre l’envie de mourir. « Moi, ancien champion du monde de boxe, mes amis m’ont sauvé la vie », un témoignage poignant de Fabrice Bénichou publié sur HuffingtonPost.fr, une histoire où le Dr William Lowenstein, fondateur de SOS Addictions a eu un rôle à jouer…

Et depuis, pour « renvoyer la balle », Fabrice est devenu membre du comité de soutien de SOS Addictions.

Je suis devenu un boxeur professionnel à un jeune âge, et j’ai consacré ma vie au sport. La compétition sportive était une addiction, et ça en valait la peine -j’ai été cinq fois champion d’Europe et trois fois champion du monde- mais le succès n’a pas que des avantages. En me consacrant totalement à ma carrière de boxeur, j’ai dû sacrifier, par voie de conséquence, plusieurs aspects importants de ma vie dont ma famille!

L’été de 2012 fut une époque néfaste car je me séparais de la femme qui vécut 20 ans à mes côtés, et de Melchior, le dernier de mes quatre fils. Fils qui sont les étoiles qui illuminent mon existence.

Je n’étais pas très actif sur Facebook avant; je l’utilisais de temps en temps pour discuter avec ma famille en Amérique du Sud et mes amis aux Etats-Unis. Mais avec ce désespoir, ce mépris de moi-même, je souhaitais me salir en l’annonçant au monde entier. Je me suis senti rien d’autre qu’un minable qui ne méritait pas l’amour qu’on lui offrait. Je me trouvais dans ma piaule dans le 13e arrondissement de Paris sans trouver de solutions ni d’issues à ma douleur.

Alors, hébété et sous l’emprise de l’alcool, j’ai posté sur mon profil Facebook le passage d’une chanson de MegaDeth: « A tout le monde, à tous mes amis, je vous aime mais je dois partir… »

Dans l’état où j’étais, je ne savais plus si nous étions le jour ou la nuit, mais on m’a dit que les policiers sont venus me trouver après avoir été alertés par une amie proche qui avait vu le post sur Facebook. Quand ils sont arrivés, j’avais une bouteille de Jack Daniel’s dans une main et un couteau dans l’autre. Tout ce dont je me souviens c’est le coup de Taser dans le cul que m’ont donné les flics; grâce à eux j’ai été sauvé!

Cet incident a été un coup de semonce pour moi. J’ai compris que définitivement je ne pouvais pas être aussi con, et qu’il fallait que je me soigne. C’est chose faite maintenant! Dorénavant, je suis suivi par William Lowenstein, médecin spécialiste, addictologue notoire, également Président de l’association SOS Addiction dont je suis devenu l’un des parrains. J’ai un traitement assez efficace qui me permet de stabiliser mes troubles de l’humeur.

Quand on a connu les sphères de la compétition sportive au plus haut niveau international depuis des années, et que les étoiles s’éteignent, s’ensuivent une sensation de vide intérieur, une notion de manque due à l’adrénaline que procure la compétition et l’endorphine sécrétée par la pratique intensive du sport qui fait aussi partie d’une addiction. C’est très difficile à surmonter tout seul particulièrement après avoir été tant entouré pendant toute sa carrière sportive.

Maintenant, j’ai trouvé d’autres sources de motivation avec de nouveaux challenges professionnels par amour pour mes enfants qui me le rendent au centuple. Tel le phœnix, je renais de mes cendres!

En ce moment, je me reconstruis en tant qu’homme. J’ai conscience que je suis encore vulnérable car parfois, mes sentiments restent mitigés entre la peur d’avoir mal, celle de perdre le respect, l’estime et l’amour de ceux que j’aime, et le bonheur de commencer à vivre et croire à nouveau en la vie, à me faire confiance ainsi qu’aux autres.

Mon conseil pour ceux qui pensent au suicide est le suivant : forcez-vous à parler avec des gens qui puissent vous aider, vos amis, un psy, même des inconnus. Allez dans un troquet discuter avec les autres, et dîtes-vous qu’il y a des êtres qui souffrent plus que vous ! Dîtes-vous que le suicide n’est en aucun cas une solution; ce n’est qu’une forme de lâcheté face à l’adversité. Ecoutez votre voix intérieure et les raisons pour lesquelles vous ne devez surtout pas vous suicider ! Mais la meilleure solution est de vous faire aider par une personne bienveillante, croyez-moi, il y en existe toujours une quelque part.

Enfin, n’oubliez pas ceci: « La vie c’est comme la boxe; il faut essayer de rester debout, encaisser les coups, et apprendre à vivre avec les cicatrices! »

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