Etude : Faire goûter de l’alcool aux enfants ? Une très mauvaise idée, ça n’a rien d’éducatif

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Il n’est pas rare qu’un parent fasse boire une gorgée de vin ou de bière à son enfant mineur, pour en découvrir le goût. S’imaginant peut-être que le faire dans ce cadre là, c’est l’empêcher d’y aller plus fort avec des amis. Est-ce la bonne marche à suivre ? L’infirmer addictologue Jean-François Hauteville est formel : non, certainement pas. Article à lire sur le site du Nouvel Observateur.

Une étude de l’Université de Pittsburgh a regardé les effets de l’initiation à l’alcool pour des enfants, âgés 8 et 10 ans. Ses conclusions, publiées dans la revue « Alcoholism : Clinical & Experimental Research » [1], mettent l’accent sur l’importance de l’exemple donné par les parents.
Or cette pratique de l’initiation à l’alcool n’est malheureusement pas rare !

Faire goûter de l’alcool à un enfant n’est pas un acte éducatif

Le Pf John E. Donovan, agrégé de psychiatrie et d’épidémiologie à l’Université de Pittsburgh, se réfère à plusieurs études qui confirment que siroter ou déguster un peu d’alcool est très fréquent chez les enfants de moins de 12 ans.
Cette nouvelle étude montre que 66% des enfants à l’âge de 12 ans et 33% à l’âge de 8 ans ont déjà goûté ou bu une boisson alcoolisée et 7% des 12 ans en ont même déjà « absorbé » un verre entier. Inquiétant !

Comment peut-on penser que faire consommer de l’alcool à un enfant aussi jeune puisse être un acte « éducatif » ou s’apparenter à une initiation du savoir boire ?Prévenir et informer restent encore, s’il fallait le démontrer, un enjeu national dans le domaine des addictions.

Plus on consomme jeune, plus le risque d’accrochage est grand

Dans l’étude, les auteurs précisent que « si les enfants ne voient pas chez leurs parents une forte désapprobation, ils seront plus susceptibles de faire un premier pas vers la consommation d’alcool. Si les parents boivent devant leur enfants, ils seront plus enclins à boire ou goûter de l’alcool et à renouveler l’expérience ».

Les résultats de l’étude sont sans appel même si, paradoxalement, elle signale qu’avoir bu ou testé de l’alcool avant 12 ans ne générerait pas à l’adolescence de risques particuliers, à savoir un risque addictif majoré. Cette conclusion est tout de même troublante et semble exclure la fragilité potentielle de certains jeunes, avec un risque évident de débuter une consommation très tôt.

Quand on sait que plus la consommation de produits psychoactifs est effectuée précocement, plus le risque d’accrochage est grand et les dégâts sur un cerveau en pleine maturation catastrophiques, il semble évident de déconseiller fortement cette pseudo-initiation. Initiation qui ne me semble pas avoir un grand intérêt par ailleurs !

La France, pays du paradoxe, où le cannabis est le Satan et l’alcool une question de culture..

 [1] Alcoholism: Clinical & Experimental Research 26 AUG 2014 DOI: 10.1111/acer.12517 Antecedent Predictors of Children’s Initiation of Sipping/Tasting Alcohol

 

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