Le pouvoir d'informer, le devoir de protéger

Pourquoi plus de quarante spécialistes en addictologie et membres de la société civile
doivent-ils se rassembler en 2014 autour des problématiques des addictions ?

130
130 000 morts / an
dus à l'alcool et au tabac
40
plus de 40 fois
la mortalité routière
11,5
11,5 millions de français
usage de tranquillisants et somnifères
Les 130 000 morts par an dus à l’alcool et au tabac (plus de quarante fois la mortalité routière !) ne semblent plus émouvoir grand monde. Les consommations précoces de cannabis et d’alcool, la diffusion de la cocaïne et des nouvelles drogues de synthèse, l’usage chronique de tranquillisants et de somnifères (11,5 millions de Français), tout comme les addictions alimentaires et l’obésité, les dépendances aux nouvelles technologies et le jeu pathologique se banalisent.

Depuis le succès des traitements contre l’infection VIH/sida et la mise en place des traitements de substitution opiacés, les addictions (dont l’héroïnomanie par voie veineuse ne représentait que la partie émergée de l’iceberg titanesque) ne sont plus des préoccupations prioritaires des politiques et des décisionnaires.

Pourtant, les connaissances neuroscientifiques et en sciences humaines sont devenues plus précises, le spectre des addictions et de leurs conséquences s’est considérablement élargi, mais cela, bien plus rapidement que les moyens de diagnostic précoce (de repérage en entreprise ou au collège et dans les consultations jeunes consommateurs) et les propositions thérapeutiques.

La lisibilité des risques et des méfaits des addictions est trouble pour le plus grand nombre, aussi bien pour les usagers que pour leurs parents et leurs proches. Nous sommes tous concernés par les addictions, mais souvent nous n’avons que peur et idées reçues à opposer. Il est temps de réagir, pour sensibiliser, informer, protéger. Il est urgent de donner et ordonner une dynamique positive à l’action publique, d’ouvrir des débats pacifiques et de nouvelles voies préventives et thérapeutiques, de proposer et d’évaluer les solutions actuelles face à ce défi sanitaire et social immense.

Nous avons collectivement trop longtemps marqué le pas dans la gestion sanitaire et sociale des addictions. Nous souffrons d’un manque de pilotage performant et structuré aussi bien politique qu’institutionnel. Nous nous habituons à cette triste chronique d’un massacre annoncé. À l’opposé de la lutte contre le sida ou contre l’insécurité routière, la lutte contre les méfaits des addictions demeure peu organisée, sans définition claire d’objectifs, sans réelle évaluation de son coût (malgré un budget annuel de près d’un milliard et demi d’euros par an !) et encore moins de son efficacité, comme l’a souligné récemment la Cour des Comptes.

L’absence en France d’Agence nationale de recherche sur les addictions (pour le développement des médicaments addictolytiques et l’évaluation des stratégies de prévention, de réduction des risques et de soins) ainsi que l’absence de Conseil national des addictions (pour les questions éthiques et sociales), au même titre que le manque de mobilisation nationale sur ce sujet majeur de santé publique, entretiennent cette politique sanitaire inconsistante. Et que dire de l’absence de passerelle entre cancérologie et addictologie dans la prise en charge au quotidien des personnes concerné ? Un choc de simplification et surtout d’efficacité s’impose !

Nous voulons, avec SOS Addictions, alerter et éclairer l’opinion publique sur l’évolution des usages et comportements addictifs, soutenir et développer la recherche en addictologie et diffuser (préconiser) des solutions de prévention, de réduction des risques et de soins en santé des addictions. Encore une fois, les addictions nous concernent tous, elles ne sont pas juste une affaire de spécialistes ou une possibilité de postures politiques, nous pouvons tous agir et réagir… si nous nous en donnons les moyens et la liberté de savoir.

Nous voulons porter aussi bien la parole d’experts que celle des acteurs de la société civile :

  • Les entreprises doivent être de formidables creusets d’information, de repérage, et d’interventions précoces. Les addictions font partie des risques psychosociaux et sont de la responsabilité sociétale des entreprises. Avec le mouvement ETHIC (Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance), présidé par Mme Sophie de Menthon, nous souhaitons sensibiliser salariés, cadres et patrons sur les addictions, pour eux, pour leurs enfants et leurs proches ;
  • Les écrivains, les cinéastes, les chanteurs, les musiciens, les photographes, bref les artistes et les créateurs nous font rêver et souvent nous éclairent. Tout comme les grands champions sportifs et les représentants du Monde Festif, présidé par M. Marcel Campion. Leur soutien au sein de SOS Addictions est fondamental pour porter notre parole. Nous les en remercions ;
  • Les journalistes et reporters pourront s’appuyer sur les experts de SOS Addictions, dont l’éventail de connaissances recouvre l’étude de l’ensemble des manifestations sociologiques, psychologiques, neurobiologiques et somatiques des addictions : parler avec crédibilité et vision de santé publique du cannabis, de la e-cigarette, de la cyberdépendance, des traitements de substitution opiacés, des complications cardiaques ou ORL du crack, des poly-addictions, des complications hépatiques du cannabis, de la cocaïne et de l’alcool, des nouveaux traitements de l’hépatite C, du rôle du biotope intestinal dans la cirrhose ou des addictions alimentaires, etc. nécessite ce collège de spécialistes que SOS Addictions a réuni et que les journalistes pourront contacter… dans les plus brefs délais.
Notre objectif pour 2014 est de débattre des méthodes pour retarder l’âge du premier usage ou abus. Plus un usage est précoce, plus les risques de dépendance et de méfaits (neuropsychologiques, sociaux et physiques) sont à redouter. Une diffusion de cette simple information, accessible et cruciale, impose une mobilisation de tous (parents, enseignants, responsables et acteurs de la société civile, intervenants médicaux, pharmaciens, médias, réseaux sociaux, responsables politiques, etc.).

Parmi nos objectifs à plus long terme, la tenue d’un « Grenelle des addictions » et l’élaboration d’un « AddicTion » sont certainement les plus ambitieux. Mais même un long voyage commence par un petit pas. Nous souhaitons que ce petit pas soit fait en 2014 par SOS Addictions.

SOS ADDICTIONS en bref

SOS ADDICTIONS est une association loi 1901, à but non lucratif, dont l’objectif est de mobiliser l’opinion publique et d’informer les acteurs de la société civile, les médias et les responsables politiques sur les substances psycho-actives (alcool, tabac, médicaments, cannabis, cocaïne, héroïne, nouvelles drogues de synthèse, produits dopants, etc.) et les addictions comportementales (addictions alimentaires, jeu pathologique, cyberdépendance et addictions aux nouvelles technologies, addictions au travail, à l’hyperactivité sexuelle, à la pratique sportive intensive, etc.).