Les neuroleptiques : overdose consentie et légalisée

neuroleptiques

La pertinence de cet article est d’aborder ce thème sous un angle sociétal et médiatique, et de tenter de composer quelques réponses et de ne pas se limiter  à un discours de constatation standardisée. La rhétorique médiatique concernant la consommation des neuroleptiques en France excelle par sa récurrence inépuisable. Ce vacarme improductif doit s’éteindre et se recycler dans la recherche et l’édition des paramètres qui déterminent ce comportement sanitaire addictif. Elle n’offre en rien la moindre solution thérapeutique pour atomiser ce fléau psycho-politico social majeur. Ce mal-être collectif est environnemento-dépendant. Il trouve sa genèse dans un biotope politiquement aménagé de façon durable, avec une harmonie clanique consensuelle, déconnectée, aujourd’hui altérée.

« L’Homo Sapiens   des temps postmodernes » tant décrit par Michel Maffésoli, est en quête d’identité. Il prend conscience que son Avenir se situe à un carrefour évolutif, un temps de « réarrangement » dirait Jean-claude Guillebaud, voir de « métamorphose » pour Edgar Morin, afin de ne pas sombre dans « l’abîme ».

Mais avant de se re-définir pour ne pas en finir, il est vital d’avancer et assurer au mieux sa quotidienneté en diluant ce mal-être  individuel et collectif.

Pour l’heure, il est stressé, harassé, hérissé, pressé, compressé, oppressé, mal mené, déprécié, mal aimé, déprimé et terrassé. Notre société demeure anxiogène et génère, cette assistante moléculaire, par une consommation  vertigineuse de neuroleptiques.

Nous sommes englués dans le magma de la complexification socio-économico administrative, fossilisant toute innovation et progression individuelle et collective. Son impact se caractérise par sa croissance inégalée, qui se situe aux antipodes de la dégradation abyssale  des autres secteurs de la vie publique comme la perte de confiance dans le institutions, le chômage exponentiel etc. Ce magma s’immixie de façon insidieuse et tentaculaire dans nos modes de vie pluriels et parcellisés, en les fragilisant et en précarisant notre qualité de vie. Cette atomisation orchestrée, politiquement validée de notre bien être  et de notre « être ensemble »  nous oblige à  nous glisser dans une combinaison chimique de survie, assurée légalement par les neuroleptiques, le tabac, l’alcool, et illicitement par les drogues.

Nous avançons sous influence médiatico-politique et celle des communicants, en instillant en continu du pessimisme, de la noirceur, de la peur, de l’opposition, biotope manipulateur qui valide et pérennise le tandem délétère.

Notre paysage social quotidien et  contemporain est  tatoué par : immédiateté, immanence, présentéisme, performance, cadence, carence, le paraître, mission, rémission, démission, répression, sanction, pénalité, dés-affection, dépression, méfiance, défiance, déliance, transparence, inexistence. Le TOUT qui nous propulse dans le no man’s land du RIEN.

Pour preuve, un exemple concret, le chômage foudroie 26%  des jeunes 18/25 ans en France, pourvoyeur d’un malaise générationnel, celui-ci ne devrait en rien exister et imposerait une orientation anticipatrice, un bilinguisme en fin de secondaire, un parcours coaché, adapté et validé, des campus universitaires à la Coréenne, un mécénat entrepreunarial salvateur et innovateur, voilà un sens à prodiguer à une réelle justice sociale. Un second exemple, ce sont les cadences infernales, poly-traumatisantes des ouvrières dans le secteur agroalimentaire, induisant aussi  des désagréments esthétiques, fonctionnels et psychologiques. Nous pourrions multiplier ces situations de difficultés psychologiques, incitant à les diluer par une prise de neuroleptiques ou autres substances.

Il me parait de bon aloi pour réduire cette consommation tant décriée de neuroleptiques, d’organiser un GRENELLE  DE LA REFONTE DE NOTRE QUOTIDIENNETE, délesté de toute empreinte politique (72% des Français ne font pas confiance aux responsables politiques selon un sondage Harris  réalisé  en ligne en mars 2013) et syndicale (avec seulement 8% de représentativité). Il vous faut devenir votre propre chef d’orchestre et écrire votre propre symphonie en harmonie avec les autres, en proposant des réponses humaines  et non artéfactielles (chimiques) à notre malaise collectif, contagieux et transmissible. Notre vivre ensemble est obsolète, archaïque, voire néolithique car inadapté à notre spirale évolutive,  consumériste et gadgétisée. Nous devons relier les acteurs de notre quotidien afin de redéfinir un projet collectif symbiotique. Bannissons : défiance, méfiance, divergence, opposition, et construisons. « Chaque génération se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse » (discours de Suède 10 décembre 1957 : Albert Camus)

Soyons plutôt Darwinien, innovateurs que Lamarkien en ne subissant par notre quotidienneté. Désormais, « Face au monde qui bouge, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement », maxime exprimée par Francis Blanche, l’humour transcenderait-elle les crêtes sommitales et neuronales du pouvoir décideur  aussi pluriel soit-il ?

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