LE CRAVING SOLAIRE OU ENVIE IRRESISTIBLE DE SOLEIL

SOLEIL ET ALCOOL

La consommation de tout produit en excès représente un phénomène socio-anthropologique contemporain caractéristique des temps postmodernes. Le binge drinking malheureusement trop dépeint, marque l’expression d’un plaisir instantané obtenu par la consommation massive d’alcool en un temps record. La jouissance naît dans l’immédiateté du plaisir ressenti. Elle traduit un état d’overdose d’alcool.

Nous pouvons calquer notre consommation solaire excessive sur ce modèle comportemental. La métamorphose de notre apparence  initiée par un bronzage aigu et intense,  déclenché en mode accéléré, suscite une véritable  jouissance narcissique entretenue par le clan, les médias et les réseaux sociaux  qui perfusent en continu cette influence culturelle. Cette overdose de soleil est prise en milieu naturel, où dans les salles de shoot aux UV (centres de bronzage artificiel) encore tolérées en France. Dans ces temples solaires, le soleil est absorbé jusqu’à l’ivresse épidermique. La peau est gorgée de chaleur, imbibée de ce nectar mortifère, rubiconde par les infrarouges, spongieuse, bulleuse, douloureuse et bientôt mutante. Elle est véritablement cuite au terme de telles orgies, une biture solaire en quelque sorte. On ne peut résister à l’envie de  s’exposer immédiatement avec effet coloré instantané, les anglo-saxons traduisent ce besoin effréné sous le terme du craving, à l’origine d’une spirale consumériste infernale, malgré la connaissance des effets sanitaires à haut risque, largement diffusés par les dermatologues.

Ces deux toxiques consommés en excès, le sont de façon concomitante dans environ 20% selon une étude réalisée sur  un campus universitaire américain.

Consommer du soleil n’est pas pathologique, c’est la perte de notre rapport intimiste, originel et vital au soleil qui est dramatique. Retrouver notre bon sens naturel, pratiquer une sobriété sanitaire heureuse, se re-connecter à « mère Nature » dirait Henry David Thoreau, seraient salvateur pour l’Homo sapiens. Ainsi des comportements éduqués, raisonnables, réduiraient le surcoût médical généré par des maladies  totalement culturelles provoquées et consenties par Big Brother.

 

Patrick Moureaux

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