COURIR SANS ADDICTION

Courir fut  la première fonction de notre bipédie, bien avant la marche pour survivre dans une savane  ensoleillée et  risquée, il y a 200 000 ans en Afrique dans la vallée de l’Omo. Nous nous sommes présentés déjà en « Homme pressé ». Notre anatomie  pédestre originelle  demeure dans nos foulées de coureurs à pied des temps postmodernes, gadgétisés, urbanisés, connectés.

Courir n’est pas qu’un acte musculaire, c’est se glisser dans une parenthèse hors temps  nous hissant dans un instant de lévitation.

Courir c’est transcender une quotidienneté stressante, harassante, déprimante, terrassante et anxiogène.

Courir c’est se déconnecter d’un GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) si vampirisant  et façonnant nos vies.

Courir c’est se re-lier aux autres, à la tribu humaine, vitale pour notre survie, afin de ne pas se diriger vers l’abîme.

Courir c’est se re-connecter à « Mère Nature », s’enivrer de ce cocktail sensoriel au contact des éléments naturels : froid, soleil, pluie, vent, etc.

Courir c’est se faire plaisir sans sombrer dans l’addiction ô combien risquée pour  votre mécanique et ne pas sombrer dans une obésité consumériste sanitaire délétère.

Courir c’est se plonger dans son intériorité et se découvrir.

Courir c’est participer, s’engager, s’associer, aider, soutenir, se dépasser, être dépassé, comprendre, tolérer, se fondre dans le Tout, apprécier, remercier.

Courir c’est prendre conscience du bon fonctionnement de sa machinerie organique, tellement synchrone depuis la nuit de nos origines.

Courir c’est perpétuer le mouvement initial Darwinien qui nous a propulsé là où nous sommes arrivés aujourd’hui, c’est à dire  au carrefour  de notre évolution anthropologique, sociologique e psychologique.

Alors devenez le Magicien de votre corps et de votre Vie écrirait Sylvie Liger.

Photo de Hans Silvester  : le Peuple de l’Omo

Patrick MOUREAUXRead all author posts