L’Euro Fou de violence et le ballet rond, complètement rond ?

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Marseille. Ce fut, samedi, un bien beau match de football. Un but partout. Ce fut aussi, en amont, une nouvelle flambée de violence. Un pronostic vital engagé (un supporter anglais). Et, après des affrontements avec la police,  dix personnes toujours en garde à vue le dimanche : des Anglais, un Autrichien, un Allemand, des Français et des Russes.

Demain, lundi 13 juin, plusieurs seront renvoyés en comparution immédiate a indiqué le parquet de Marseille. Des enquêtes se poursuivent pour certains d’entre eux, notamment pour des faits plus graves. Ces violences ont, au total, fait trente-et-un blessés dont quatre de nationalité britannique grièvement atteints.

L’hypothèse d’un « fight »

Qui est fautif ? Qui est responsable ? Qui doit payer ? « Notre dispositif est adapté aux risques que comporte ce type de match sensible. Nous connaissons mieux le phénomène hooligan aujourd’hui et nous échangeons beaucoup avec les autres pays. Aucune information solide ne valide l’hypothèse d’un “fight”, mais nous nous sommes préparés à cette éventualité. » Tels sont les propos qu’avait tenus, la veille des violences le préfet des Bouches-du-Rhône, Laurent Nunez, dans une interview sur le site duMonde.fr.

Après ces mêmes violences, le commissaire Antoine Boutonnet, chef de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), indiquait à l’AFP  « il n’y a pas de constat d’échec » de la part des forces de l’ordre.

« À la lecture de ces déclarations, faut-il y voir de la mauvaise foi ou de l’incompétence, ou bien les deux,  s’interroge Lepoint.fr. Ces hauts fonctionnaires sont chargés d’anticiper ces situations de violence urbaine et de faire régner l’ordre public en donnant des consignes à des policiers qui n’étaient finalement ni équipés, ni préparés pour ce genre de situation. »

Cégétistes obtus

Lepoint.fr : « A Marseille, malgré plus d’un millier de policiers mobilisés, ce sont des scènes de guérilla urbaine et de chaos – bien plus violentes que les émeutes des banlieues françaises de 2005 ou des manifs de lycéens ou de cégétistes obtus contre un projet de loi – qui ont eu lieu à Marseille ce samedi avec des rixes impliquant plusieurs centaines de fous furieux ! Un Anglais, tabassé à coups de barre de fer, se trouve aujourd’hui dans un état critique. Et l’Euro n’a commencé que depuis deux jours… »

Il est toujours tentant, dans les périodes de grandes excitations, de confondre l’effet et la cause. « La Honte ! » hurle L’Equipe dominicale. Le quotidien sportif évoque aussi des violences dans les gradins du stade-vélodrome (60 000 spectateurs environ). Violences invisibles sur M6 qui retransmettait Angleterre-Russie. Pour mieux comprendre L’Equipe a interrogé Antoine Boutonnet, « patron de la direction nationale de lutte contre le hooliganisme (sic). M. Boutonnet « estime que l’alcool favorise la violence entre les supporters et les forces de l’ordre »:

« Une vrai question se pose autour de la sur-alcoolisation de ces individus. Elle est très préoccupante. Car l’alcool catalyse souvent la violence entre les supporters et les forces de l’ordre. »

Prohibition ridiculisée

M. Boutonnet ne se découvrira pas plus pas plus. Ni sur l’alcool, ni sur l’horaire, ni sur Marseille. Marseille ? Ecoutons Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction et membre hyperactif de SOS Addictions :

« Vu de Marseille, la distribution sans limite d’alcool à des personnes venues pour se défoncer à l’alcool et à la violence ridiculise tous les discours sur la prohibition des drogues. Je suis passé le mercredi, le jeudi puis le vendredi devant ces fameux bars qui servaient sans limite et à jet continue des bières. Le résultat est sans surprise – W. qui est passé devant peut aussi en témoigner.

Qu’en pensent celles et ceux qui veulent confondre cela avec les plaisirs de l’œnologie ? Nous aurons l’occasion d’en reparler, mais il est temps de sortir des discours naïfs des deux camps, ceux qui renvoient tout amateur de telle ou telle boisson dans le camp des complices du grand Satan, et ceux qui confondent la liberté avec leur intérêt « économiques » sans limite !!! Je quitte Marseille ce soir… ouf. »

Géants de la bière

Quitter Marseille, certes, mais rester en France. Il n’est pas inintéressant d’y observer le ballet publicitaire incessant associant les géants planétaires de la bière industrielle à l’Euro 2016. Qui est fautif ? Qui est responsable ? Qui doit payer ? Qui pendra en charge les soins dispensés aux blessés de Marseille ? Quel est le prix, sur le Vieux Port, d’un pronostic vital engagé ?

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