LE MONDE : « Les stéroïdes anabolisants, un poison pour le cerveau »

Consommés pour accélérer le développement de la musculature, les stéroïdes anabolisants androgéniques peuvent entraîner des atrophies des testicules et des altérations neurocognitives graves.

Se donner les moyens de développer une musculature qui en jette fait manifestement partie des « bonnes résolutions » de début d’année. A partir de données fournies par Google Trends, des chercheurs britanniques se sont intéressés à l’intérêt porté par les internautes aux stéroïdes anabolisants androgéniques – des molécules proches de la testostérone dont la consommation permet de booster le gain de musculature. Leur étude, publiée fin novembre dans International Journal of Drug Policy, décrit un phénomène clairement cyclique : chaque mois de janvier, le nombre de recherches effectuées sur ­Internet grimpe en flèche, pour atteindre un pic au début de l’été… avant de s’effriter progressivement à mesure que la fin de l’année approche.

La facilité avec laquelle ces produits prohibés peuvent désormais être dénichés sur la Toile a sans doute largement contribué à l’évolution du profil des consommateurs : auparavant cantonnée au milieu du sport de haut niveau, la prise de stéroïdes anabolisants est devenue monnaie courante parmi les adeptes des salles de musculation. « Au moins 30 % des bobybuilders en ­prennent », estime Martine Duclos, endocrinologue et chef du service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand. Les jeunes aussi en sont friands – essentiellement dans un but ­esthétique, la quête de l’effet « tee-shirt moulant », selon la médecin.

Cette aspiration peut mener les consommateurs à en absorber de très fortes doses, « jusqu’à 1 000 ou 2 000 mg par semaine, note-t-elle, alors que l’organisme d’un sujet jeune ne produit normalement que 250 mg de testostérone par mois ». Or, « le cerveau ne fait pas la différence entre ces molécules exogènes et la testostérone normalement produite par l’organisme », souligne-t-elle. Deux petites structures situées à la base du cerveau, l’hypothalamus et l’hypophyse, ont en effet pour fonction de réguler la production de testostérone : lorsqu’elles…

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