L’incidence de l’hépatite C moins élevée chez les usagers de drogues injectables ayant suivi un traitement de substitution

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Lundi 27 octobre 2014 – 21:00
WASHINGTON, 27 octobre 2014 (APM) – Le recours récent à une thérapie de substitution aux opiacés est associé à une incidence du virus de l’hépatite C réduite de 60% par rapport aux usagers de drogues injectables qui n’en ont pas suivi, selon une étude publiée lundi dans JAMA Internal Medicine.

L’injection de drogue est l’un des principaux modes de transmission du virus de l’hépatite C. Des études antérieures ont suggéré que la thérapie de substitution pouvait réduire l’incidence de l’infection, mais ce n’est pas établi chez les jeunes.

Judith Tsui de la faculté de médecine de Boston et ses collègues ont évalué cette stratégie de réduction des risques au sein de la cohorte UFO conduite entre 2000 et 2013 à San Francisco auprès jeunes adultes usagers de drogues injectables (UDI) en trois vagues.

Les 1.548 participants, tous âgés de moins de 30 ans à l’inclusion, recevaient de l’argent à chaque visite trimestrielle (10 dollars, puis 20 à 25 dollars) qui comprenait une sérologie VHC et un questionnaire évaluant notamment les risques d’exposition.

En médiane, les participants ont suivi trois visites espacées de 93 jours et s’injectaient des drogues depuis 3,6 ans, un tiers tous les jours. Pour 60% d’entre eux, la substance la plus utilisée était l’héroïne.

Au total 171 cas d’infection par le VHC sont apparus au cours de l’étude, soit un taux de 25 pour 100 personnes-années.
L’incidence de l’hépatite C était significativement réduite dans le groupe de participants qui rapportait le recours récent à une thérapie de substitution aux opiacés (buprénorphine et méthadone). Elle était de 28,2 pour 100 personnes-années dans le groupe qui n’avait suivi aucune thérapie, contre 8,6 pour 100 personnes-années parmi les patients sous traitement de substitution aux opiacés dans les trois derniers mois.

La thérapie de substitution aux opiacés est associée, dans cette étude, à une réduction de plus de 60% de l’incidence du VHC. Ces résultats confirment les études antérieures.

Par ailleurs, les auteurs soulignent qu’ils observent une plus grande incidence du VHC parmi les participants qui ont arrêté la thérapie de substitution aux opiacés (41 pour 100 personnes-années).

Selon eux, ces résultats appuient la position de nombreux spécialistes qui estiment que le maintien de la thérapie de substitution est une stratégie plus sûre et plus efficace pour prévenir les complications de l’addiction aux opiacées que l’arrêt du traitement.

(JAMA Internal Medicine, publication avancée en ligne du 27 octobre)

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