Les effets des champignons hallucinogènes décodés

Psilocybe_semilanceata_6514-530x530Dans le but d’utiliser les drogues psychédéliques pour traiter des maladies telles que la dépression, à terme et dans des circonstances strictement encadrées, des scientifiques tentent de comprendre avec précision comment celles-ci agissent sur notre organisme. Article à lire sur le blog Big Browser.

La psilocybine, principe actif de la plupart des champignons hallucinogènes, est connue pour déclencher de vives hallucinations comme la saturation des couleurs ou la dissolution des limites entre les objets. Mais pour quelles raisons ?

Une équipe de chercheurs a analysé les scanners des cerveaux de 15 personnes à qui de la psilocybine avait été injectée et les ont comparés aux scanners de leurs cerveaux en activité normale. Résultat : le cerveau des personnes droguées apparaît être plus actif que celui des autres. Paul Expert, chercheur au King’s College à Londres et coauteur de l’étude publiée dans le Journal of the Royal Society Interface, explique que la psilocybine transforme le fonctionnement du cerveau des consommateurs, faisant interagir des zones qui ne sont pas connectées les unes aux autres : « Ce n’est pas tant que les connexions sont plus nombreuses, mais plutôt que le type de connexion est différent », précise-t-il.

L’effet provoqué par la drogue pourrait s’apparenter à la synesthésie, un phénomène neurologique qui provoque la stimulation d’un sens lorsqu’un autre l’est également, explique le professeur Paul Expert : les synesthètes voient notamment certaines couleurs lorsqu’ils écoutent de la musique ou associent un nombre à une couleur.

EFFET DURABLE

Des recherches passées ont par ailleurs montré que la drogue avait des effets plus durables : elle est notamment susceptible d’altérer la personnalité des usagers sur le long terme, pour le meilleur ou pour le pire. Ceux qui ont bien vécu leur prise de psilocybine en parlent comme étant « une des expériences les plus profondes de leur vie, même comparé à la naissance de leurs enfants », indique le scientifique dans un entretien à Live Science.

Mais, avant d’être utilisée dans le traitement de la dépression, les effets de la psilocybine sur le cerveau devront être encore mieux compris, prévient Paul Expert. En ce sens, le Daily Telegraph rappelle qu’un professeur de l’Imperial College London a reçu un financement de 500 000 livres sterling en 2013 afin de mener un premier test clinique sur trente patients en utilisant une forme purifiée du produit illégal.

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