Le Parisien : Sondage, 52% des Français favorables à la vente du cannabis sous contrôle de l’Etat

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C’est une avancée pour les tenants d’une légalisation du cannabis. Selon un sondage IPSOS, réalisé dans le cadre du colloque sur la légalisation qui se tiendra lundi au Sénat (*) à Paris, A 84 %, les Français jugent la législation actuelle «inefficace» pour limiter le trafic et la consommation de cannabis.

Un article à retrouver sur leparisien.fr

Un échantillon représentatif de la population (1097 personnes) a été interrogé à la demande de SOS addictions, du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et du laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (Liepp) de Sciences Po, du 27 au 29 septembre 2016. Un quart des personnes sondées ont reconnu avoir déjà fumé un joint.

La France est un des pays européens les plus répressifs en la matière. L’utilisation de produits stupéfiants y est depuis la loi de 1970 considérée comme un délit. Les contrevenants s’exposent à une peine de prison pouvant aller jusqu’à 1 an et à une amende de 3750 €. Mais, aux yeux des Français, quel que soit leur âge, l’échec est patent.

54% des moins de 60 ans favorables à l’autorisation de consommation. Preuve de la banalisation de l’usage récréatif de la marijuana, une courte majorité de Français (50%) est pour l’autorisation de la consommation de cannabis (sauf pour les mineurs et au volant). Sur cette question, on note une différence marquée selon les générations. Les plus de 60 ans y sont majoritairement hostiles (64%) alors que le reste de la population y est favorable (54%).

52% des Français jugent efficace la vente de cannabis sous contrôle de l’Etat pour casser le trafic. Alors que les politiques restent dans l’ensemble très frileux sur le sujet, plus de la moitié des Français (52%) considèrent que « la vente de cannabis sous contrôle de l’Etat serait plus efficace que l’interdiction pour lutter contre le trafic ». «Le système actuel est le pire qui soit car il ne protège pas les jeunes. On ne peut pas compter sur les réseaux mafieux pour faire de la santé publique», commente, sarcastique, l’addictologue Didier Jayle, professeur au Cnam et co-organisateur du débat. Là encore, ce sont les plus jeunes (moins de 35 ans) qui défendent à 56 % ce virage législatif en faveur d’un contrôle de l’Etat. Nouveauté, ils sont 55 % à avoir la même position dans la classe d’âge des 35-59 ans. Autre élément intéressant, le camp du oui est majoritaire parmi les cadres (60%) et les professions intermédiaires (66 %).

Une question pour la campagne présidentielle. Autre enseignement de ce sondage, plus de la moitié des Français (52 %) souhaitent que la question soit abordée lors de la future campagne présidentielle et que les « candidats prennent position sur l’évolution de la législation ». «La légalisation est un chantier à ouvrir, martèle Didier Jayle, également ex-directeur, de 2002 à 2007, de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt, devenue Mildeca). Ce sondage et le rendez-vous de ce lundi sont une occasion d’aller plus loin. Les Français attendent un débat. Et j’espère que d’autres rencontres auront lieu dans d’autres villes de France».

Pour la sénatrice (EELV) du Val-de-Marne, Esther Benbassa, à l’initiative du colloque, les résultats de ce sondage sont encourageants. «La société civile a l’air d’avoir bougé vers une meilleure acceptation : c’est une avancée dans le sens de la légalisation. Les politiques sont en retard sur cette question. Dans l’histoire, c’est toujours la société civile qui a forcé par son opinion les politiques à aller de l’avant. La loi s’est toujours faite sur la pression et c’est ça qui est intéressant».  La sénatrice s’est fait connaître du grand public en défendant une proposition de loi autorisant l’usage contrôlée du cannabis qui a fait l’objet d’un débat en 2015 au Sénat mais qui n’a pas été adoptée.

SOS AddictionsRead all author posts