« Le cannabis n’est pas le diable mais le Pr Costentin tire l’Académie de Médecine vers le très bas »

Je ne sais si mon pedigree m’autorise à parler à Dieu.
Médecin interniste, DESC d’addictologie, Dea de Parasitologie, Habilité à diriger la recherche depuis 1991 (université Paris V), ancien interne, chef de clinique-Assistant et PH- Medecin des Hôpitaux de Paris, auteur ou co-auteur d’une soixantaine d’articles à impact factor, n’est-ce pas un peu blasphématoire de vouloir échanger avec le Pr Costentin, Expert addictologique de l’Académie de Médecine ?

J’ose cependant le faire, aujourd’hui, sur la forme bien plus que sur le fond (qui appellera, bientôt je l’espère, des nouvelles conclusions académiques, mieux éclairées et plus sereines).

Je le fais non seulement pour défendre l’honneur de mon collègue et ami, le Dr Didier Jayle, Professeur au CNAM – dont j’admire et soutiens le parcours personnel et professionnel, celui-ci plaidant pour son oeuvre bien mieux que je ne saurais le faire- mais aussi en mémoire du Pr Charles Haas, un de mes maitres en Medecine Interne.

En 2012, la mort le faucha avant qu’il ne puisse postuler à une nomination Académique. Il admirait l’Académie Française de Medecine, son savoir et sa sagesse. Il nous y fit présenter, avec le Dr Laurent Karila, un état des lieux sur « la cocaine et le crack, nouveau problème de santé publique. » quelques mois avant que la maladie ne l’atteigne.
Le Pr Charles Haas, merveilleux sémiologue, humaniste discret et numismate distingué (il légua sa collection à l’Académie), eut été attristé du ton si peu respectueux de notre collegue Costentin. Il aurait été incrédule à la lecture de ces lignes méprisantes à l’égard de Mme Nicole Maestracci et du Dr Didier Jayle, lignes si peu confraternelles pour ceux qui ne partagent pas son expertise.

Nous avons tous le devoir de nous interroger sur la dangerosité du cannabis, notamment et avant tout chez les plus jeunes.
En aucun cas, ce devoir autorise le ton employé par le Pr Costentin. Sa passion contamine sa réflexion et donne de l’Académie Nationale de Medecine, une image inhabituelle, sans distance, ni sagesse.
Je ne sais ce qu’en pensent les autres Académiciens, dont le Pr Roger Henrion. Son rapport et son action, au temps des années sida, furent salués par le plus grand nombre pour la force du travail accompli et la dignité des propositions de Sante Publique.

Je crains que l’outrance du Pr Costantin ne nuise non seulement à l’avancée des travaux et décisions sanitaires sur le cannabis mais aussi à l’image d’une Académie que mon Maitre et ami, le Pr Charles Haas, vénérait et tentait de faire connaître à tous les « simples médecins ».

Docteur William Lowenstein
Président de SOS Addictions

En réaction à l’article de Jean-Yves NAU : « Oui ou non, le cannabis est-il le diable ? La suite d’une polémique académique radicale« 

William LOWENSTEINRead all author posts