Addiction à l’oeuvre : Programmation cinéma, l’addiction en série

Dans le cadre de l’événement « Addiction à l’oeuvre » relayé dans le cahier spécial des Inrocks, voici la programmation cinéma autour de l’addiction.

Voir la programmation de l’événement, les lieux, les horaires.

 

FOR HIS SON
USA, 1912, muet, 16’

Réalisation : David Wark Griffith
Avec : Charles Hill Mailes, Charles West, Blanche Sweet, Dorothy Bernard

For his son est l’un des courtsmétrages les plus étonnants de David Griffith. Il nous montre un médecin qui, pour pouvoir répondre aux forts besoins d’argent de son fils, a l’idée de commercialiser une boisson contenant de la cocaïne.C’est le succès immédiat mais, certains clients deviennent dépendants de la drogue.

 

THE MYSTERY OF THE LEAPING FISH

USA, 1916, muet sonorisé
teinté, noir et blanc, 26’20

Réalisation : John Emerson
Avec : Douglas Fairbanks, Bessie Love, Alma Rubens

Dans cette délirante parodie de Sherlock Holmes, imaginée par Tod Browning, Fairbanks joue le rôle de Coke Ennyday, détective privé cocaïnomane qui enquête sur un trafic d’opium.

 

THE CURE (CHARLOT FAIT UNE CURE)
USA, 1918, muet, noir et blanc, 24’

Réalisation : Charlie Chaplin
Avec : Charlie Chaplin, Adna Purviance, Eric Campbell

Un alcoolique arrive dans une paisible station thermale, encore chancelant, la malle pleine d’alcools de toutes sortes…

 

CHAKMATNAIA GORIATCHKA
(LA FIÈVRE DES ECHECS)
URSS, 1925, muet sonorisé,
noir et blanc, 19’09

Réalisation : Vsevolod Poudovkine

La passion démesurée d’un jeune homme pour les échecs l’obsède au point d’oublier le jour de son mariage… Le premier film du célèbre théoricien du cinéma muet, dans lequel on aperçoit Capablanca, alors champion du monde d’échecs.
THE WOLF OF WALL STREET
USA, 1929, muet, noir et blanc, 2’05

Réalisation : Rowland V. Lee
Avec : George Bancroft
Evocation de Wall Street à New York, crise de 1929, prohibition, débauche, alcool. Concentré des années folles.

 

SHANGHAI GESTURE
USA, 1941, noir et blanc, 1h40

Réalisation : Joseph von Sternberg
Avec : Victor Mature,
Gene Tierney, Ona Munson
Poppy Smith (Gene Tierney), sous l’influence d’un Égyptien indolent, Gigolo “Docteur” Omar (Victor Mature), plonge dans l’enfer du jeu.

C’est un sujet parfait pour Sternberg qui peut revenir ainsi à cet exotisme sensuel qu’il sait si bien mettre en scène. L’atmosphère est très forte, énigmatique, ambigüe, avec de constantes allusions à une certaine dépravation et une corruption que l’affairisme des occidentaux ne fait qu’amplifier.
“L’OEil sur l’écran”.
http://films.blog.lemonde.fr

 

RIO BRAVO
USA, 1959, couleur, 2h21

Réalisation : Howard Hawks Avec : John Wayne, Dead Martin, Angie Dickinson, Walter Brennan, Ricky Nelson

Un shérif arrête le frère de l’homme le plus puissant de la région. Il n’a pour alliés qu’un adjoint ivrogne, un vieillard boiteux, un gamin, une joueuse de poker et un hôtelier mexicain, et contre lui une armée de tueurs. Privé de ces prolongements formels qui font la limpidité de Big Sky et de Red River, Rio Bravo est un monde qui se suffit à lui-même et où rien ne se perd, c’est un microcosme en perpétuel devenir où tout concourt à cette harmonie finale à laquelle on accède en bloc et en s’aidant les uns les autres.
Serge Daney,
Visages du cinéma n°1, 1962

 

LA BAIE DES ANGES
France, 1963, noir et blanc, 1h30

Réalisation : Jacques Demy Avec : Jeanne Moreau, Claude Mann, Paul Guers.

Jean Fournier, un jeune employé de banque, arrive à Nice. Il découvre le jeu et rencontre Jackie, une joueuse, au casino. Entre eux, c’est la passion et la fascination.

 

LIGHT SHOW FILMS Cornucopia
USA, 1967-1969, couleur,
sans paroles, 50’

Réalisation : Ken Brown

Entre 1967 et 1969, le dessinateur, graphiste et cinéaste américain Ken Brown réalise une série de films époustouflants qui constituent l’apothéose du cinéma psychédélique. Chromatisme flamboyant, motifs emblématiques des années 60 tourbillonnants d’énergie, rythme effréné, techniques mixtes, joie, élégance, humour et champignons, rien ne manque à cette délicieuse orgie visuelle. À l’époque joués surtout en Nouvelle Angleterre, pendant leurs projections les Light Shows Films s’enrichissaient encore de jeux de filtres, de diapositives et de lumières afin de créer une tapisserie environnementale autour d’un concert immergeant l’audience dans un océan de sensations. On appellerait aujourd’hui Backdrops ces déluges d’images silencieuses, réalisées pour s’adjoindre modestement aux autres psychotropes en vogue, musique, LSD, danse, dont l’alliance transformait les boîtes crâniennes en modernes cornes d’abondance (cornucopia, en latin, emblème mythologique de la fertilité) s’ouvrant volontiers par le haut pour laisser s’échapper songeries et fantasmes.
Aucune image ne dure plus de quelques secondes et, dans leur diversité euphorique, tantôt analogiques, tantôt graphiques, tantôt visibles, le plus souvent enfouies dans la vitesse du défilement, elles contestent spontanément, à la force de leur énergie joyeuse, ce à quoi plus personne n’oserait même songer aujourd’hui : les “limites historiques du principe de réalité”.
Herbert Marcuse, Nicole Brenez Les films “silencieux” de Ken Brown, conformément à son souhait, ont régulièrement servis de trame visuelle à des groupes comme Jimi Hendrix, le Velvet Underground ou Led Zeppelin.

 

BLOODY MAMA
USA, 1970, couleur, 1h30

Réalisation : Roger Corman Avec : Shelley Winters, Don Stroud, Pat Hingle, Robert De Niro, Bruce Dern.

Aux États-Unis dans les années 1930, “Ma” Kate Barker, chef sanglante d’un gang familial, conduit ses quatre fils Herman, Lloyd, Arthur et Fred, d’une main de fer, semant ensemble terreur et violence.

 

LOVE STREAMS
(TORRENTS D’AMOUR)
USA, 1985, couleur, 2h21

Réalisation : John Cassavetes Avec : Gena Rowlands, John Cassavetes

En instance de divorce et désespérée, Sarah Lawson rend visite à son frère, Robert Harmon, écrivain, noceur et alcoolique…
Comme on dit de deux droites parallèles qu’elles ne se rencontrent jamais, sauf à l’infini, il n’est qu’un domaine où le positif et le négatif se rejoignent : la frontière entre le rêve et la réalité. Sarah et Robert ont pour point commun de n’avoir jamais su les distinguer : trop concret ou trop irréel, le monde extérieur n’est pas pour eux. Du coup, chacun est le seul au monde dans lequel l’autre peut avoir confiance. Voilà la vraie raison de leur amour, sa force, sa vérité et son irréductibilité. Parce que (c’est la thèse du film) l’amour n’est pas un segment que l’on pourrait extraire d’une trajectoire; c’est un courant continu (a stream) qui ne s’arrête jamais.
Et qui, à notre tour, nous emporte : Love Streams est magnifique.
Olivier Séguret, Libération, mai 1998

 

L’ABÉCÉDAIRE DE GILLES
DELEUZE – B COMME BOISSON
France, 1996, couleur, 11’

Réalisation : Pierre-André Boutang
Avec : Gilles Deleuze, Claire Parnet

Le 4 novembre 1995 disparaissait Gilles Deleuze, l’un des philosophes les plus importants de notre temps. Il n’existe aucun film qui lui soit consacré et il a toujours refusé de participer à une émission de télévision.
Il était pourtant, de son vivant, une sorte de star, par l’éblouissement qu’il provoquait chez tous ceux qui assistaient à ses cours et par la gloire que lui ont valu ses livres.
Deleuze ne voulait pas d’un film sur lui, mais avait accepté l’idée d’un film avec lui et avec Claire Parnet, qui fut son élève.

SPRING BREAKERS

USA, 2013, couleur, 1h32

Réalisation : Harmony Korine Avec : James Franco, Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson, Rachel Korine

Quatre filles aussi fauchées que sexy braquent un fast-food pour financer leur “Spring Break”. Lors de leur vacances, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. Elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile protectrice.
De cet objet idiot s’écoule une sorte de poésie repoussante et naïve, burlesque et synthétique, vulgaire et bête, une sorte de poésie perdue, à ramasser, à rincer, impropre à la consommation, innommable en somme, mais qui exprime aussi la part poétique et misérable de notre époque.
Jean-Philippe Tessé, Les Cahiers
du cinéma n°687, mars 2013

 

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